Le contournement passe par une table ronde
- 3 sept. 2015
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Réunion, le 24 septembre, sur le financement de la Gabarn-Gurmençon. Sujet sensible.

Patrice Sanchez , le président du Conseil départemental, Jean-Jacques Lasserre, organise une table ronde, le 24 septembre, pour aborder le thème sensible du financement du contournement ouest d'Oloron par Gabarn et Gurmençon. Le sujet avait alimenté une polémique, fin juin.
Peu après sa prise de fonction, le centriste Jean-Jacques Lasserre avait clairement indiqué à ses partenaires que les Pyrénées-Atlantiques n'avaient pas les moyens financiers de respecter l'engagement pris par son prédécesseur, le socialiste Georges Labazée. En faisant tousser une partie de son propre camp (lire notre édition du 2 juillet), ce dernier avait conclu avec le ministre des Transports, un montage inattendu.
Un coût de 77 millions
Sur un total de l'ordre de 77 millions d'euros, le Département devait non seulement apporter sa part (38,5 millions) mais aussi avancer celle de l'État pour un montant équivalent. En marge, il devait aussi dégager une provision de 17,5 millions d'euros au profit de la LGV alors que le Conseil départemental, sans contreparties claires, s'était officiellement désengagé.
C'est dans ce contexte que les discussions doivent reprendre à la fin du mois. « Ma position n'a pas changé », dit Jean-Jacques Lasserre. « Les conditions du financement ne sont toujours pas réunies. Toutes les pistes doivent être regardées de près. Il faut trouver une solution. Pour moi, l'État doit consacrer le budget pour cet itinéraire, car il en a l'obligation. »
En sous-entendu basco-béarnais, le président Lasserre veut vraisemblablement rappeler que ce projet, vieux de 30 ans, est intimement lié à l'histoire de la nationale 134, de l'axe européen E7 et de sa liaison avec l'Espagne via le fameux tunnel du Somport.
Il a fallu attendre 2008 pour que le tracé bénéficie d'une déclaration d'utilité publique. L'État a toujours traîné des pieds pour respecter ses engagements. La période actuelle de disette budgétaire ne l'incite pas davantage à faire diligence.
Rien n'est encore joué
« Flécher ce contournement sur la RN 134 est une décision facile à prendre », estime-t-il. « L'autre déviation d'Oloron, par l'est, qui débouche sur la rocade, a déjà été financée par le Département. La prochaine loi des finances va être terrible pour les collectivités locales. À ce moment où on nous demande de clarifier les responsabilités, on vient aussi nous faire les poches ! »
Le maire d'Oloron, Hervé Lucbéreilh, ira à la réunion avec une proposition sous le coude. « Je ne peux pas imaginer que le président du Conseil départemental qui est de ma famille politique au sens large soit le fossoyeur du projet. Il ne le souhaite pas d'ailleurs et je veux l'aider. Il m'a demandé de présenter la solution sur laquelle j'ai travaillé sur la base d'une collaboration entre public et privé. Dans ce cadre, la loi oblige de démontrer que le coût est inférieur au schéma traditionnel. »
Le contrat de Plan entre l'État et la Région qui sert de cadre à cet aménagement a été signé le 23 juillet, en présence du Premier ministre. Le contournement d'Oloron y est confirmé. Les conditions du financement n'ont pas bougé en dépit des protestations du nouvel exécutif départemental.
« Les cofinancements attendus des collectivités territoriales sont mentionnés à titre indicatif. Les négociations se poursuivent et les montants peuvent encore évoluer », est-il écrit en préambule. À se demander si la haute administration ne se met pas aussi à pratiquer le sous entendu basco béarnais.

























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